Studio d'Art Après Minuit

Une artiste embrasse son fantôme amant spectral.

20 min read August 24, 2026New

L’atelier sentait la térébenthine rance, la poussière de plâtre et la cire fondue. Au troisième étage d’un immeuble du XIXᵉ dont les locataires avaient fui depuis des décennies, Éléonore verrouilla la porte derrière elle comme chaque nuit depuis trois semaines. Vingt-huit ans, les cheveux noirs collés à la nuque par la chaleur d’août, elle posa sa trousse sur le chevalet et alluma les bougies une à une. La flamme trouait l’obscurité, révélant les toiles abandonnées, les drapés moisies, le grand miroir fendu qui renvoyait son image par morceaux.

Elle savait qu’il l’attendait.

— Tu es en retard, murmura une voix derrière son oreille, froide comme l’eau d’un puits.

Éléonore ne sursauta plus. Elle retira sa chemise d’un geste lent, laissant glisser le tissu le long de ses seins, de son ventre, jusqu’au sol. Ses tétons durcirent immédiatement sous le souffle spectral.

— J’ai apporté un nouveau bleu de Prusse, répondit-elle sans se retourner. Pour la toile interdite.

Lucien se matérialisa dans le cercle de lumière. Il avait l’apparence qu’il gardait depuis sa mort : trente-cinq ans figés, mâchoire anguleuse, cheveux châtains tombant en mèches grasses sur un front pâle, un torse nu strié de veines translucides sous une peau qui n’existait plus vraiment. Beau, maudit, affamé. Son regard glissa sur les hanches d’Éléonore, sur le triangle sombre entre ses cuisses qu’elle n’avait pas pris la peine de cacher.

— Ton corps est une damnée provocation, gronda-t-il. Ces seins lourds… cette chatte déjà luisante avant même que je te touche. Tu viens ici pour peindre, ou pour te faire souiller par un mort ?

Elle sourit, le sang battant déjà entre ses jambes.

— Les deux. Toujours les deux.

Il s’approcha. Un pinceau apparut entre ses doigts — un pinceau qui n’avait pas de manche solide, seulement une intention. La pointe, chargée d’une encre noire et luisante qui n’existait nulle part dans l’atelier, effleura d’abord l’épaule d’Éléonore, traça une ligne froide le long de sa clavicule, contourna un sein, peignit un cercle autour de l’aréole jusqu’à ce que le mamelon se contracte douloureusement. Elle gémit. La terreur délicieuse lui serrait la gorge : elle choisissait cela, chaque nuit, le frisson de l’impossible, la caresse d’un homme que le monde avait enterré.

— Écarte les bras, ordonna Lucien. Laisse-moi écrire sur toi ce que je n’ai jamais pu finir.

Elle obéit. Debout, nue au milieu des bougies, elle sentit le pinceau spectral glisser sous ses seins, descendre le sillon de son ventre, s’arrêter juste au-dessus de son mont de Vénus. Lucien se pencha, ses lèvres glacées frôlant son oreille.

— Ta chatte sent le désir et la peur mélangés. J’adore. Si j’appuie ici…

Le pinceau s’enfonça entre ses lèvres déjà ouvertes, enduisant ses plis d’une froideur qui la fit jeter la tête en arrière. Éléonore écarquilla les cuisses d’elle-même, offrant davantage.

— Encore, souffla-t-elle. Marque-moi.

Il peignit des volutes sur l’intérieur de ses cuisses, des arabesques qui brûlaient de froid, puis abandonna le pinceau. Sa main — solide maintenant, charnelle autant qu’un fantôme peut l’être — saisit le poignet d’Éléonore et la guida vers le bas de son propre corps. Sous le pantalon d’époque déchiré, sa verge s’était dressée, dure, épaisse, d’une froideur de marbre vivant. Éléonore referma les doigts autour. Elle frissonna.

— Cent cinquante ans, avoua Lucien d’une voix rauque, le front collé au sien. Cent cinquante ans sans enfoncer ma queue dans une femme chaude. Sans sentir une chatte se contracter autour de moi. Touche-moi. Touche ce que la mort n’a pas pu pourrir.

Elle le caressa avec enthousiasme, du gland jusqu’à la base, sentant les veines froides pulser sous sa paume. Sa propre humidité coulait déjà le long de sa cuisse.

— Alors prends-moi, gémit-elle. Je t’en supplie. Pose-moi sur le chevalet et baise-moi comme tu peignais autrefois — sans pitié.

Lucien la souleva d’un geste et l’assit sur le bord de la grande toile encore vierge, les fesses contre le châssis rugueux. Elle écarta les cuisses largement, s’offrant, la chatte ouverte, luisante, qui se contractait dans le vide. Il s’agenouilla. Son souffle glacial balaya d’abord ses lèvres gonflées, puis sa bouche s’y colla.

Le baiser fut une déflagration de glace et de faim. Sa langue — longue, experte, immatérielle et pourtant terriblement présente — s’enfonça en elle, lappa son clitoris avec une précision cruelle, aspira ses sucs comme un homme mourant. Éléonore hurla, les mains dans les cheveux translucides du fantôme, les hanches qui se cabraient contre sa bouche. La peur se mêlait au besoin viscéral : et s’il la vidait entièrement ? Et si elle restait coincée entre deux mondes ? Elle s’en foutait. Elle voulait plus.

— Dedans, supplia-t-elle. Ta queue. Maintenant.

Il se redressa, les lèvres brillantes de son jus, et la fit basculer. Éléonore se mit à quatre pattes sur le parquet poussiéreux, les seins pendants, le dos creusé, le cul offert. Lucien s’agenouilla derrière elle. Le gland froid de sa verge spectrale s’aligna contre son entrée brûlante, hésita une seconde — une seconde où elle retint son souffle, où le choix resta le sien — puis s’enfonça d’un coup sec jusqu’à la garde.

Elle cria. La sensation était monstrueuse et parfaite : une queue de mort qui la remplissait, froide au-dedans de sa chair brûlante, qui frottait chaque paroi, qui frappait le fond d’elle à chaque ruade. Lucien la prit violemment, les mains agrippées à ses hanches, le bassin claquant contre ses fesses dans un rythme brutal qui faisait trembler les bougies. La poussière volait. Les planches gémissaient.

— Plus fort, haleta-t-elle. Défonce-moi. Je suis à toi.

Il obéit, s’enfonçant si profond qu’elle eut l’impression que sa verge traversait son ventre. Puis, sans sortir d’elle, il se laissa tomber sur le dos — un mouvement spectral, impossible — et l’entraîna avec lui. Éléonore se retrouva à califourchon, en amazone, empalée jusqu’à l’os. Elle posa les paumes sur son torse translucide, griffa la peau qui n’en était plus une, y laissant des sillons de lumière pâle. Elle chevaucha sa queue glacée avec frénésie, se soulevant presque entièrement avant de retomber durement, ses seins rebondissant, sa chatte qui claquait humide autour de lui.

— Regarde-moi jouir sur un fantôme, râla-t-elle, les yeux mi-clos. Regarde ta putain d’artiste.

Lucien rit, un son rauque venu du tombeau, puis la saisit par la taille et la souleva d’un seul mouvement. Ses pieds quittèrent le sol. Il la plaqua contre le mur mitoyen, le crépis râpeux qui lui labourait le dos, et la pénétra de nouveau en position debout, les cuisses d’Éléonore croisées dans son dos. Chaque estocade la soulevait. Sa bouche se referma sur un sein, suça le téton jusqu’à la douleur, tira dessus avec les dents pendant que sa main libre glissait entre les fesses d’Éléonore. Un doigt froid, puis deux, s’enfoncèrent dans son cul déjà détendu par le désir, la doigtant en rythme avec les coups de rein.

Elle n’existait plus que par ces trois points de possession : la queue dans sa chatte, les doigts dans son cul, la bouche sur son sein. Les orgasmes les frappèrent ensemble — violents, déchirants. Éléonore se contracta en spasmes interminables, un cri arrachée de sa gorge, tandis que Lucien se déversait en elle par vagues froides qui la firent jouir une seconde fois, plus fort. Les flammes des bougies se couchèrent toutes dans la même direction, comme sous un vent invisible, puis se redressèrent en tremblant.

Ils glissèrent au sol, encore liés. Lucien resta un moment enfoncé en elle, le front contre son épaule, avant de se retirer lentement. Le mélange de leurs sucs — le sien brûlant, le sien glacial — coula le long de sa cuisse.

L’aube n’était pas encore là, mais la nuit s’amincissait. À travers les carreaux sales, un gris plus pâle commençait à poindre. Lucien se redressa, sa verge encore demi-dure et luisante, et regarda Éléonore à genoux devant lui, les lèvres entrouvertes, le regard ivre.

— Encore une fois, dit-il bas. Avant que le jour me rappelle. Ta bouche.

Elle ouvrit avidement. Il glissa sa queue entre ses lèvres, s’enfonça jusqu’à sa gorge, jouit une dernière fois en silence, par secousses profondes, remplissant sa bouche d’un sperme froid au goût de fer et d’encre. Elle avala tout, le regard levé vers lui, puis lécha le gland propre.

Lucien s’agenouilla à son tour, lui prit le visage entre ses mains translucides. Ses yeux étaient deux abîmes.

— Il reste peu de nuits comme celle-ci, murmura-t-il. L’aube approche toujours plus vite. Je peux te donner autre chose qu’une baise, Éléonore. Un baiser qui ne finirait pas avec le soleil. Un lien. Nos âmes nouées. Mais une fois donné…

Il s’interrompit. Au loin, un coq salua déjà la lumière qui n’était pas encore là. Lucien baissa les yeux sur la bouche d’Éléonore, encore brillante de lui, et son expression se fit plus sombre, plus affamée, plus dangereuse.

— Demain soir, reprit-il. Si tu reviens… tu devras choisir ce que tu es prête à perdre pour me garder.

Il commença à s’effacer par les bords, laissant sur la peau d’Éléonore la trace froide de ses doigts et, sur le parquet, l’empreinte humide de leurs corps. Elle resta seule dans l’atelier qui sentait encore le sexe et la cire, le cœur battant trop fort, la chatte battante elle aussi, déjà vide, déjà impatiente.

Dehors, Paris s’éveillait. Dedans, la toile interdite montrait désormais, peinte on ne savait comment, la silhouette exacte d’une femme à quatre pattes et celle d’un homme qui n’avait plus de nom dans les registres des vivants. Éléonore toucha la peinture encore fraîche avec le bout des doigts. Elle savait qu’elle reviendrait.

Et qu’elle n’était plus certaine de vouloir repartir.

L’atelier l’attendait comme une gueule ouverte. Éléonore monta les marches deux à deux, la clé déjà tiède dans sa paume moite. La nuit d’août collait à sa peau ; sa robe légère collait aussi, imprégnée de la sueur de l’attente. Elle n’avait rien mangé de la journée. Son ventre n’était plein que de lui — de la promesse froide qu’il avait laissée collée à sa bouche la veille.

Elle poussa la porte. Les bougies brûlaient déjà. Lucien était là, assis sur le rebord du chevalet comme un chat maudit, nu jusqu’à la taille, la verge demi-dure reposant lourde contre sa cuisse translucide. Ses yeux la dévorèrent avant même qu’elle eût refermé le loquet.

— Tu es revenue, dit-il simplement. Idiotement courageuse.

— Je n’ai jamais eu le choix, répondit-elle en laissant tomber la robe. Elle glissa le long de ses seins, de ses hanches, s’accumula à ses pieds. Elle était nue en dessous, volontairement, la chatte déjà humide rien qu’à l’odeur de térébenthine et de cire et de lui. — Montre-moi ce que tu voulais dire. Le lien. Ce que je dois perdre.

Lucien se leva. Ses pieds ne touchaient pas vraiment le sol ; la poussière restait immaculée sous lui. Il s’approcha jusqu’à ce que le froid de son torse frôle ses tétons durs. Une main spectrale s’aplatit entre ses seins, juste au-dessus du cœur.

— Pas encore. D’abord je veux te peindre de l’intérieur. Je veux que ta chatte se souvienne de mon goût même quand le soleil me chassera. À genoux.

Elle obéit sans hésiter, les genoux sur le parquet rugueux. Lucien planta ses doigts dans ses cheveux noirs et tira sa tête en arrière. Sa queue froide battit contre sa joue, le gland déjà luisant d’une goutte d’encre blanche. Éléonore ouvrit la bouche, la langue tendue. Il s’enfonça d’un coup, jusqu’à la gorge, et elle avala le réflexe, les larmes aux yeux, le nez collé contre le bas de son ventre glacial. Elle suçait avec une faim sale, les lèvres serrées, la langue qui tournait, qui léchait les veines dures qui ne battaient plus. Lucien gémit un son de caveau, les hanches qui donnaient de petits coups courts, profonds, la baisant la bouche comme une chatte.

— Regarde-toi, rauca-t-il. Artiste de merde à genoux pour un mort. Ta salive coule sur mon cul. Tu vas tout avaler ce soir. Tout ce que je te donnerai.

Elle hocha la tête autant que la verge dans sa gorge le permettait. Quand il se retira, un fil d’argent relia encore ses lèvres à son gland. Elle le rompit d’un coup de langue et se redressa. Lucien la souleva d’un geste et la jeta sur la grande table d’atelier, parmi les tubes de peinture éventrés et les chiffons. Il lui écarta les cuisses avec brutalité, s’agenouilla, et plongea son visage entre elles.

Sa langue spectrale n’avait plus de limite de chair. Elle s’enfonça, s’élargit, lappa, aspira, se faufila jusqu’à son point le plus sensible et le battait en rythme de fouet. Éléonore hurla, les talons plantés dans le dos translucide du fantôme, les seins qui rebondissaient à chaque spasme. Elle jouit une première fois en moins d’une minute, les jambes tremblantes, le jus qui giclait contre la bouche glacée. Lucien ne s’arrêta pas. Il avala, grogna, continua, deux doigts froids qui s’enfoncèrent dans son cul pendant que sa langue travaillait son clitoris gonflé. Elle jouit encore, plus fort, un cri rauque qui fit vaciller les flammes.

— Dedans, supplia-t-elle, la voix brisée. Ta queue. Je veux te sentir me fendre.

Il se releva, la retourna d’un coup, le ventre à plat sur la table, les seins écrasés contre le bois taché. Le gland froid s’aligna contre son entrée brûlante. Il poussa. Lentement d’abord — un centimètre, puis un autre — la laissant sentir chaque veine, chaque gonflement impossible. Elle gémit, le front contre l’avant-bras. Quand il fut à moitié, il s’arrêta.

— Dis-le, ordonna-t-il. Dis que tu choisis la nuit.

— Je choisis, haleta-t-elle. Je choisis toi. Baise-moi. Détruis-moi.

Il s’enfonça jusqu’à la garde d’un seul coup de rein. Le choc la fit crier. La queue de mort la remplissait entièrement, froide et monstrueusement dure, frottant ses parois brûlantes avec une précision cruelle. Lucien la prit comme un animal, les mains agrippées à ses hanches, les doigts qui s’enfonçaient assez pour laisser des marques blanches qui mettraient des heures à disparaître. Chaque estocade claquait humide ; le bruit de sa chatte qui l’engloutissait emplissait l’atelier. Elle poussait en arrière, avide, le cul qui s’ouvrait pour recevoir aussi deux doigts de plus, puis trois. Lucien la baisait des deux trous en même temps, la queue et les doigts en rythme, la voix basse qui lui soufflait des ordres obscènes :

— Serre. Plus fort. Je veux sentir ta chatte me traire. Tu es ma toile vivante. Ma putain peinte. Jouis encore. Maintenant.

Elle jouit en hurlant son nom, les parois qui se contractaient en spasmes violents autour de la verge glacée. Lucien ne s’arrêta pas. Il la retourna encore, la tira au bord de la table, lui croisa les chevilles derrière sa nuque et s’enfonça plus profond, le gland qui cognait contre le fond d’elle à chaque coup. Elle voyait des étoiles. Elle voyait aussi, par-dessus son épaule, la toile interdite qui s’animait toute seule : les silhouettes peintes baisaient en même temps qu’eux, les traits d’encre noire qui se tordaient de plaisir.

— Le lien, gémit-elle entre deux râles. Parle-moi du lien avant que je devienne folle.

Lucien ralentit, sans sortir d’elle. Il se pencha, le front collé au sien, la queue qui pulsait immobile au plus profond.

— Un baiser, murmura-t-il. Pas sur la bouche. Sur l’âme. Je te prends un morceau de chaleur. Tu me prends un morceau d’éternité. Tu ne vieilliras plus tout à fait. Tu sentiras le froid même en plein midi. Et quand tu mourras — si tu meurs — tu resteras ici. Avec moi. Dans ces murs. Pour toujours. Mais ce soir… ce soir je veux seulement te remplir jusqu’à ce que tu débordes. Demain tu décideras si tu signes.

Il reprit son rythme, plus brutal encore. Éléonore s’accrocha à ses épaules translucides, les ongles qui glissaient sans rien déchirer. Elle le chevaucha ensuite, assise sur la table, les pieds plantés sur le rebord, se soulevant et retombant avec une violence qui faisait craquer le bois. Ses seins dansaient sous le regard affamé de Lucien. Il les saisit, les pétrit, mordit un téton jusqu’au sang — un sang qu’il léchait aussitôt, froid contre chaud. Elle jouit une troisième fois, le corps arqué, la chatte qui spasmeait si fort qu’elle le força presque hors d’elle. Lucien la rattrapa, la replaqua, et continua.

Il la porta contre le grand miroir fendu. Elle vit son propre visage fragmenté, la bouche ouverte, les yeux fous, et derrière elle le fantôme qui la pénétrait avec une faim de cent cinquante ans. Il lui écarta les fesses et remplaça sa queue par sa langue dans son cul, la léchait profondément pendant que trois doigts travaillaient sa chatte dégoulinante. Puis il revint, s’enfonça dans le trou étroit de son anus d’un coup lent et inexorable. Éléonore poussa un cri long, le front collé à la glace froide. La douleur se fondit immédiatement en plaisir monstrueux. Lucien la baisait le cul avec la même précision féroce, une main qui frottait son clitoris en même temps. Elle jouit encore, les jambes qui lâchaient ; il la tenait debout par pure force spectrale.

Quand il la ramena au sol, ils étaient tous les deux couverts de sueur — la sienne chaude, la sienne d’une moiteur impossible, comme de la brume. Il s’allongea sur le dos. Elle s’installa à califourchon à l’envers, la bouche sur sa queue encore dure, le cul offert à sa bouche. Ils se léchèrent en miroir, gloutons, les langues qui plongeaient, qui aspiraient. Lucien jouit le premier dans sa gorge, par vagues froides au goût de fer et d’encre et de tombe. Elle avala tout, gémit autour de lui, et jouit sur sa langue une dernière fois, les cuisses qui tremblaient de part et d’autre de son visage.

Ils restèrent ainsi, enchevêtrés, le souffle court — le sien seul qui existait vraiment. Lucien traça du bout des doigts les arabesques d’encre qu’il avait peintes la veille sur sa peau ; elles brillaient encore faiblement.

— Demain, dit-il bas contre son oreille. Tu reviendras avec ta décision. Si tu dis oui, je te prends l’âme au moment où tu jouiras le plus fort. Si tu dis non… je disparaîtrai avant l’aube et tu ne me reverras jamais. Même pas en rêve.

Éléonore se redressa à demi, le visage encore marqué de leurs fluides mélangés. Elle passa une main sur la joue translucide du fantôme.

— Et si je veux les deux ? peigna-t-elle d’une voix rauque. Te garder et rester libre ?

Il sourit, un sourire de lames et de siècles.

— Alors tu devras inventer une troisième voie. Mais les morts n’aiment pas les demi-mesures, mon artiste. Et moi encore moins.

Dehors, le ciel grisonnait déjà. Lucien commença à s’effacer par les bords, sa verge encore à demi en elle qui se dissolvait en froid pur. Éléonore serra les cuisses comme pour le retenir. Sur la toile interdite, les silhouettes s’étaient figées dans une nouvelle pose : une femme à califourchon sur un homme sans ombre, la tête renversée, la bouche ouverte sur un cri ou un oui.

Elle resta seule, la chatte battante, le cul encore ouvert et sensible, le goût de fer sur la langue. Demain. Le choix. Elle savait déjà ce que son corps voulait. Ce que son âme accepterait de perdre restait une question qui lui brûlait le sternum comme une seconde chatte affamée.

Elle ramassa sa robe, l’enfila sans s’essuyer, et quitta l’atelier en laissant la porte entrouverte — invitation, menace, promesse. Derrière elle, les bougies s’éteignirent d’elles-mêmes, une à une, dans un souffle qui n’était plus tout à fait le sien.

L’atelier l’avait appelée toute la journée comme une fièvre. Éléonore gravit les marches au crépuscule, la robe déjà collée entre ses cuisses humides, le cœur battant trop fort sous la clavicule. Elle savait. Elle avait passé les heures à se toucher en pensant à lui, à tracer sur sa propre peau les arabesques d’encre qu’il avait laissées, à se demander ce qu’un morceau d’éternité pesait contre un morceau de chaleur. Quand elle poussa la porte, Lucien l’attendait debout au centre du cercle de bougies, entièrement nu, la verge déjà dressée, épaisse, striée de veines pâles qui n’avaient plus de sang à faire circuler.

— Tu as décidé, dit-il. Je le lis sur ta chatte qui brille déjà.

Elle laissa tomber la robe. Pas de sous-vêtements. Rien. Seulement la peau chaude, les seins lourds, le mont de Vénus luisant. Elle s’avança jusqu’à ce que ses tétons frottent son torse glacial.

— Je choisis le lien. Prends ce que tu veux. Donne-moi ce que tu promets. Mais baise-moi d’abord jusqu’à ce que je ne sache plus mon nom.

Lucien la saisit par la nuque et l’embrassa. Pas un baiser doux : une invasion. Sa langue froide s’enfonça, goûta, domina. Elle gémit dans sa bouche, les mains déjà autour de sa queue, la caressant fort, du gland jusqu’aux couilles lourdes qui ne pendaient plus vraiment. Il la poussa contre le grand miroir fendu. Elle vit son visage brisé en trois, la bouche ouverte, les yeux noirs de désir, et derrière elle le fantôme qui s’agenouillait.

Sa langue plongea entre ses fesses sans prévenir. Éléonore poussa un cri long, les paumes plaquées contre la glace. Lucien la léchait le cul avec une faim de siècle, la langue s’élargissant, s’enfonçant, lapant le trou déjà détendu par l’attente. Deux doigts froids s’enfoncèrent dans sa chatte en même temps, la baisant des deux orifices, le rythme cruel. Elle jouit presque tout de suite, les genoux qui pliaient ; il la maintint debout par pure volonté spectrale, continua, ajouta un troisième doigt dans son anus pendant que sa langue travaillait plus bas, aspirant son clitoris gonflé.

— Plus… putain… encore…

Il se releva d’un coup, la retourna, la souleva. Ses cuisses s’enroulèrent autour de sa taille. Le gland froid s’aligna contre son entrée brûlante et s’enfonça d’une seule poussée jusqu’à la garde. Elle hurla. La sensation la fendait : cette queue de marbre vivant qui la remplissait entièrement, froide contre son feu, qui cognait le fond d’elle à chaque estocade. Lucien la baisait debout contre le miroir, les fesses d’Éléonore claquant contre la glace, ses seins écrasés, la bouche ouverte sur des râles obscènes.

— Serre-moi. Trais-moi. Tu es à moi ce soir. Pour toujours si tu signes.

Elle serrait, les parois qui se contractaient autour de lui, humides, brûlantes. Il la porta jusqu’à la table d’atelier, la jeta parmi les tubes de couleur, lui écarta les cuisses à l’extrême et s’enfonça plus profond encore, les chevilles d’Éléonore croisées derrière sa nuque. Chaque coup de rein faisait claquer sa chatte. Le bruit mouillé emplissait la pièce. Elle voyait la toile interdite s’animer : les silhouettes peintes jouissaient en même temps, l’encre qui coulait comme du sperme noir.

Lucien sortit d’elle d’un coup, la retourna à quatre pattes sur le parquet. Il s’agenouilla derrière, écarta ses fesses et poussa sa queue dans son cul. Lentement d’abord — un centimètre, la résistance délicieuse, le gémissement d’Éléonore qui se changeait en râle de plaisir monstrueux — puis jusqu’à la base. Elle était pleine, monstrueusement pleine, le froid qui la fendait de l’intérieur. Il la baisa le cul avec la même violence précise, une main qui frottisait son clitoris, l’autre qui pinçait un sein. Elle jouit en hurlant, le corps arqué, le jus qui giclait sur le bois. Lucien ne s’arrêta pas. Il continua, plus fort, plus profond, jusqu’à ce qu’elle jouisse encore, les cuisses tremblantes, la voix brisée.

— Le baiser, supplia-t-elle. Maintenant. Pendant que je suis encore ouverte.

Il se retira, la retourna sur le dos, s’allongea sur elle. Sa verge glissa de nouveau dans sa chatte dégoulinante. Il recommença à baiser, lent cette fois, profond, le front collé au sien.

— Dernière chance de fuir, mon artiste.

— Je ne fuis pas. Prends-moi.

Lucien sourit, un sourire de tombeau et de faim. Au moment où son rythme s’accélérait, où Éléonore sentait l’orgasme monter comme une vague noire, il posa sa bouche non pas sur ses lèvres mais juste au-dessus de son cœur, sur la peau qui battait trop fort. Le baiser fut une déflagration. Elle sentit quelque chose se déchirer doucement en elle — une chaleur qui partait, aspirée, remplacée par un froid lumineux qui se répandait dans ses veines, dans son ventre, dans sa chatte encore empalée. En même temps une éternité entrait : le goût du siècle, la poussière des ans, la certitude qu’elle ne vieillirait plus tout à fait, qu’elle sentirait toujours ce frisson même sous le soleil de midi. Elle jouit en hurlant, les parois qui se contractaient si fort autour de la queue glacée que Lucien gémit et se déversa en elle par vagues froides, épaisses, au goût de fer et d’encre et de tombe. Le mélange coula entre eux. Les bougies se couchèrent toutes d’un coup puis se redressèrent en tremblant.

Ils restèrent liés longtemps. Lucien respirait encore un peu — ou faisait semblant. Éléonore sentait le froid s’installer sous sa peau comme une seconde circulation. Elle n’avait plus peur. Elle était plus lourde et plus légère à la fois.

— C’est fait, murmura-t-il contre son sein. Tu es nouée. Quand tu mourras, tu resteras. Et même vivante… tu m’appartiendras un peu chaque nuit.

Elle passa les doigts dans ses cheveux translucides, sourit, les lèvres encore gonflées.

— Alors je veux plus. Pas seulement les nuits d’août. Je veux que tu me peignes de l’intérieur chaque fois que la lune montera. Je veux que ta queue me marque jusqu’à ce que mon corps se souvienne même en plein jour.

Lucien rit doucement, sortit d’elle, le sperme froid qui coulait le long de sa cuisse. Il la tira vers le chevalet. Ensemble ils regardèrent la toile interdite : maintenant elle montrait Éléonore à califourchon sur lui, la tête renversée, une lumière pâle qui sortait de sa poitrine et entrait dans la sienne.

— Demain, dit-elle en s’essuyant à peine, en enfilant sa robe collante de leurs fluides. Je reviendrai plus tôt. Avant minuit. Je veux que tu me prennes d’abord la bouche, puis le cul, puis que tu me peignes encore pendant que ta queue est encore en moi. Et la nuit d’après… j’apporterai des cordes. Je veux que tu m’attaches au châssis et que tu me baises jusqu’à ce que l’aube te force à partir. Je veux inventer chaque façon de te garder plus longtemps.

Elle l’embrassa une dernière fois, goûtant le fer et l’éternité, puis se dirigea vers la porte. Derrière elle Lucien commençait déjà à s’effacer par les bords, mais son regard restait affamé, satisfait, dangereux.

— Idiotement courageuse, répéta-t-il.

— Idiotement tienne, corrigea-t-elle.

Elle descendit les marches en caressant déjà, sous la robe, la chatte encore battante et froide de lui. Dans sa tête le plan se dessinait net : demain elle viendrait avec le bleu de Prusse et des liens de soie noire. Elle le forcerait à durer plus longtemps, à lui donner un second baiser plus profond. Elle explorerait jusqu’où le lien pouvait s’étirer sans la briser. Et la semaine prochaine, quand la lune serait pleine, elle passerait toute la nuit sans quitter l’atelier, peignant leur étreinte pendant qu’il la baiserait encore et encore, jusqu’à ce que les murs eux-mêmes gémissent leur nom. Elle sourit dans l’escalier sombre, le goût de tombe encore sur la langue, déjà impatiente, déjà en train de calculer les heures exactes avant de le sentir de nouveau la fendre.

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