Peindre ensemble dans l'atelier
Dans l'atelier, l'amant revenu attise leur désir romantique.
Dans l’atelier baigné de lumière blanche de Montmartre, je n’ai pas bougé quand la porte a grincé. Dante était là, trente-quatre ans, le même regard sombre qu’à vingt ans, seulement plus creusé par l’Amérique. Mon meilleur ami d’enfance. Mon ancien amant. Celui que j’avais laissé partir sans crier.
— Yara, a-t-il dit simplement.
J’ai posé mon pinceau. Trente-deux ans, les mains tachées d’ocre, le cœur qui battait trop fort. Nous nous sommes enlacés trop longtemps pour une simple amitié. Son parfum d’après-rasage et de voyage m’a renversée. Nous avons décidé, presque sans parler, de peindre ensemble la grande toile abstraite qui attendait contre le mur. Toile vierge, deux corps trop proches.
Les heures ont glissé. Nos bras se frôlaient. Je sentais la chaleur de son épaule chaque fois qu’il se penchait pour reprendre du bleu cobalt. Les souvenirs remontaient : sa bouche sur mon cou dans mon premier atelier minuscule, ses doigts entre mes cuisses un soir d’orage, la façon dont il disait mon nom quand il jouissait. On faisait semblant d’ignorer la tension. On peignait. Des larges traits, des collisions de couleurs. Moi j’avais le souffle court. Lui, la mâchoire serrée.
Puis les confidences sont venues, comme toujours entre nous.
— New York m’a mangé, a murmuré Dante en mélangeant du carmin. Des femmes brillantes, vides. Je repensais à toi chaque fois que je touchais quelqu’un d’autre.
J’ai ri, amère.
— Paris m’a laissée seule avec des amants qui ne savaient pas regarder une toile… ni mon corps. Je t’ai regretté. Chaque jour.
Il m’a tendu un pinceau. Ses doigts ont effleuré les miens volontairement, longuement. Le contact a été électrique. Je l’ai regardé droit dans les yeux, la voix à peine un souffle :
— Je n’ai jamais cessé de te désirer, Dante. Jamais.
Il a posé le pinceau. Ses mains ont pris mon visage. Notre baiser a été lent, profond, choisi. Langues qui se retrouvaient, gémissements avalés. L’atelier est devenu un cocon. La peinture encore fraîche sur nos avant-bras. Je l’ai tiré vers le grand drap taché étendu au sol pour les projets débordants. Nous sommes tombés dessus.
Dante s’est mis à genoux entre mes cuisses. Il a relevé ma jupe, baissé ma culotte d’un geste sûr, et sa bouche a dévoré mon sexe comme un homme affamé depuis des années. Langue large sur mon clitoris, lèvres qui suçaient, deux doigts qui entraient en moi en crochet. Je me suis arquée, les mains dans ses cheveux.
— Dante… putain, Dante…
Il n’a pas ralenti. Il m’a léchée jusqu’à ce que mon orgasmé explose, mon cri de son nom rebondissant contre les verrières. Les jambes tremblantes, je l’ai fait basculer sur le dos. J’ai ouvert son pantalon, libéré sa queue dure, épaisse, déjà perlée. Je l’ai enfourchée d’un seul mouvement, le guidant profondément en moi jusqu’à ce que mon cul touche ses hanches. Je l’ai chevauché avec force, roulant mon bassin, le prenant tout entier à chaque descente. Nos bouches se retrouvaient entre les coups de reins. Ses mains agrippaient mes seins, pinçaient mes tétons. La peinture bleue de ses doigts laissait des empreintes sur ma peau claire.
— Plus fort, a-t-il grogné.
Je l’ai obéi, claquant mon bassin contre le sien, serrant mon sexe autour de sa queue. Puis il m’a retournée. Levrette contre l’établi de bois. Mes seins écrasés sur la surface froide tachée de pigment. Dante est entré d’un seul trait, profond, possessif. Ses coups de reins étaient tendres et brutaux à la fois — il me tenait par les hanches, me ramenaient à lui, me remplissait complètement. Je gémis, j’ordonnai :
— Ne t’arrête pas. Ne t’arrête jamais. Baise-moi comme tu m’as manqué.
La sueur coulait entre nos peaux. Des traces rouges et jaunes se mélangeaient sur nos ventres, nos cuisses. Il a glissé une main sous moi pour frotter mon clitoris en rythme. La pression est montée, brûlante, inévitable. Nous avons joui ensemble — mon cri rauque, le sien gutural, sa queue qui battait en moi par jets chauds pendant que mon sexe se convulsionnait autour de lui. L’émotion m’a submergée autant que le plaisir. Des larmes de soulagement sur mes joues peintes.
Après, toujours en moi, à demi affaissés contre l’établi, Dante a glissé hors de mon corps avec douceur. Il m’a tournée face à lui. Ses deux mains ont pris mon visage, pouces sur mes pommettes tachées de carmin. Ses yeux étaient clairs, sans défense.
— Je veux passer le reste de ma vie à peindre à tes côtés, Yara. Ici. Avec toi. Plus de continents entre nous.
Il a posé son front contre le mien, le souffle encore court, le sourire un peu tremblant.
— Épouse-moi. Ce soir, demain, quand tu voudras. Tu dis oui ?
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