Interdit à l'escale
Dans un aéroport bloqué par le brouillard, Delphine retrouve Hugo, son ami d’enfance devenu pilote, et ils cèdent enfin à leur désir interdit pendant une nuit torride à l
Delphine fixait les écrans d’affichage comme s’ils allaient enfin se décider à changer de couleur. Annulé. Retardé. Brouillard. Le terminal de Roissy semblait figé dans une ouate grise, les haut-parleurs répétaient les mêmes messages monotones, et les voyageurs s’étaient résignés à stationner sur les sièges durs avec leurs valises en bandoulière. Elle serrait la sangle de son sac photo, les doigts encore tachés d’encre d’un carnet de croquis, quand une voix familière traversa le brouhaha.
— Delphine ?
Elle se retourna. Hugo se tenait là, en uniforme de pilote légèrement défroissé, la cravate desserrée, les cheveux bruns un peu plus longs qu’elle ne s’en souvenait. Huit ans. Huit ans depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu sur le quai de la gare, avant qu’il parte pour l’école de pilotage. Son cœur donna un coup violent, stupide, adolescent. Il avait encore ce sourire en coin, cette façon de la regarder comme s’il la reconnaissait immédiatement sous toutes les couches d’âge.
— Hugo. Merde… c’est vraiment toi.
Il rit, un son bas qui lui traversa la poitrine, et l’attira contre lui sans hésiter. L’étreinte sentait le cuir de sa veste, un parfum boisé et la fatigue des vols longs-courriers. Delphine ferma les yeux une seconde, le visage pressé contre son épaule. Elle le sentit inspirer ses cheveux, exactement comme avant, quand ils avaient seize, dix-sept ans et qu’ils se croyaient juste les meilleurs amis du monde.
— Tu es magnifique, murmura-t-il contre son oreille. Putain, Delphine. Trente-deux ans et tu es encore plus…
Il ne finit pas. Elle le sentit se raidir légèrement, comme s’il avait failli trop en dire. Elle recula d’un demi-pas pour le regarder vraiment : la mâchoire plus marquée, les mains larges, les yeux clairs qui s’attardaient trop longtemps sur sa bouche, puis sur le col de son manteau entrouvert. Elle portait un simple pull noir et un jean moulant ; elle savait qu’elle était belle ce soir-là, fatiguée mais vivante, et le voir la dévorer du regard fit monter une chaleur lente entre ses cuisses.
— Toi aussi, avoua-t-elle. Putain, tu es… un pilote. Et beau. Dangereusement beau.
Ils rirent tous les deux, un peu trop fort. Autour d’eux, le brouillard transformait l’aéroport en une bulle hors du temps. Aucun vol avant le matin. On leur proposait l’hôtel d’escale juste à côté du terminal. Hugo hésita une seconde, puis :
— Viens. On prend un verre. On a huit ans à rattraper.
Le bar de l’hôtel était feutré, presque désert. Des lampes basses, un jazz doux, des fauteuils en cuir usé. Ils s’installèrent dans un coin, genoux se frôlant sous la table basse. Delphine commanda un whisky, Hugo un cognac. Les confidences glissèrent vite, comme si le temps n’avait jamais existé.
— Je suis célibataire, dit-elle en tournant son verre. Depuis trop longtemps. Et toi ?
— Pareil. Les rotations, les fuseaux… et puis… je cherchais peut-être quelqu’un qui n’existait plus. Ou qui existait encore, quelque part.
Leurs regards s’accrochèrent. Hugo posa sa main à plat sur la table, les doigts à quelques centimètres des siens. Delphine avança les siens jusqu’à ce que leurs peaux se touchent. Un frisson la parcourut, net, électrique.
— Je n’ai jamais arrêté de te désirer, lâcha-t-il d’une voix rauque. Même quand c’était interdit, même quand on était juste « les copains d’enfance ». Je me branlais en pensant à toi à dix-huit ans, Delphine. Et après. Toujours.
Elle avala sa salive. La chaleur entre ses jambes devint insistante, humide. Elle se mordit la lèvre.
— Moi… j’ai fantasmé sur toi depuis l’adolescence. Sur ta bouche. Sur tes mains. Sur la façon dont tu me regardais quand tu croyais que je ne voyais pas. Je me touchais en pensant à toi qui me prenais contre un mur, vite, salement. Et ce soir tu es là, et je… je n’en peux plus de faire semblant.
Hugo se pencha. Leurs fronts se frôlèrent. Son pouce caresse le dos de sa main, lent, possessif.
— Alors on arrête de faire semblant. Monte avec moi. Maintenant.
Elle hocha la tête. Pas un mot de plus. Ils laissèrent les verres à moitié pleins.
Dans l’ascenseur, il la plaqua déjà contre le miroir. Sa bouche trouva la sienne avec une urgence brute, langue chaude, dents qui mordillaient sa lèvre inférieure. Delphine gémit dans le baiser, les mains plongées dans ses cheveux, le bassin collé au sien. Elle sentit la dureté de sa queue contre son ventre à travers le pantalon d’uniforme, épaisse, déjà tendue. Quand les portes s’ouvrirent, ils avancèrent en s’embrassant encore, trébuchant jusqu’à la porte de sa chambre.
À peine entrée, Hugo referma à clé et la souleva. Delphine enroula ses jambes autour de ses hanches. Ils se dévoraient, baisers humides, bruyants, tandis qu’il la portait vers le lit king-size. Ses mains glissèrent sous son pull, trouvèrent la peau nue de son dos, puis le fermoir de son soutien-gorge. Elle tira sa cravate, ouvrit les boutons de sa chemise d’un coup sec, exposant le torse musclé, la ligne de poils sombres qui descendait vers la ceinture.
— Enlève tout, ordonna-t-elle, la voix cassée par le désir. Je veux te voir.
Ils se déshabillèrent mutuellement avec une maladresse fiévreuse. Son jean glissa le long de ses cuisses, sa culotte noire suivit. Hugo jura en voyant sa chatte déjà brillante de mouille, les lèvres gonflées. Il la poussa doucement sur le dos, s’agenouilla entre ses jambes écartées et la regarda une longue seconde, comme s’il mémorisait.
— Tu sens si bon… putain, Delphine.
Puis sa langue la trouva. Large, chaude, il léchait longuement, de bas en haut, s’attardant sur son clitoris avec une précision cruelle. Delphine arque le dos, un cri rauque lui échappant. Il tenait ses cuisses ouvertes, les pouces enfoncés dans la chair tendre, et la suçait, la léchait, poussait sa langue à l’intérieur d’elle pour goûter sa mouille. Elle se contractait déjà, les doigts crispés dans les draps.
— Hugo… mon Dieu, ne t’arrête pas…
Il grogna contre sa chatte, le son vibrant, et accentua la pression sur son clito, deux doigts glissant en elle, courbés, la baisant lentement pendant que sa bouche travaillait. La jouissance monta en vague, irrésistible. Delphine jouis sur sa langue en gémissant son nom, les cuisses tremblantes, le sexe qui battait contre sa bouche. Hugo continua de la lécher doucement jusqu’à ce qu’elle le repousse, hypersensible, le souffle court.
Elle le tira vers le haut, le renversa sur le dos et descendit le long de son corps. Sa queue se dressait lourde, veineuse, le gland déjà luisant de précome. Delphine l’enveloppa de sa main, le pompa une fois, deux fois, puis l’avala profondément. Hugo jura, la hanche soulevée. Elle suçait avec ferveur, langue plate sous la verge, gorge souple, prenant autant qu’elle pouvait, la salive coulant le long de sa longueur. Ses yeux croisaient les siens, dilués de plaisir.
— Putain, ta bouche… je vais…
Elle s’arrêta juste à temps, monta à califourchon sur lui, guidea son gland entre ses lèvres gonflées et s’enfonça d’un seul mouvement lent, profond. Ils gémirent ensemble. Elle était si mouillée qu’il glissa jusqu’à la garde, la remplissant entièrement. Delphine commença à le chevaucher, d’abord lentement, savourant chaque centimètre, puis plus fort, les seins rebondissant. Hugo les saisit, les pinça, tordit légèrement les tétons entre ses doigts. Elle cria de plaisir, s’appuya sur son torse et accéléré, le cul claquant contre ses hanches, sa chatte qui l’avalait goulûment.
— Plus fort, Delphine… monte-moi… oui, comme ça…
Il la pinçait encore, les doigts durs sur sa chair tendre, et elle jouissait presque une seconde fois rien qu’à ça, le clito frottant contre le bas de son ventre à chaque descente. Puis il la retourna d’un mouvement fluide, la plaquant sur le dos sans sortir d’elle. Missionnaire. Yeux dans les yeux. Hugo s’enfonça jusqu’au fond, les avant-bras de chaque côté de sa tête, et la pilonna avec une passion brute, profonde, régulière. Chaque coup de reins faisait claquer leur peau, faisait remonter un gémissement guttural dans sa gorge.
— Je t’aime, balbutia-t-elle, les ongles plantés dans son dos. Je t’ai toujours aimé. Prends-moi… ne t’arrête jamais.
— Je t’aime, Delphine. Putain, je t’aime. Ta chatte… tu me serres tellement…
Il la baisait plus fort, plus profond, le regard accroché au sien, la sueur perlait sur son front. Elle sentit l’orgasme revenir, plus large, plus dévastateur. Ses parois se contractèrent violemment autour de sa queue. Hugo gémit son nom et jouit en même temps qu’elle, par à-coups chauds, la remplissant tandis qu’elle se tordait sous lui, les jambes nouées autour de ses reins, l’orgasme les emportant tous les deux dans un même cri étouffé, rempli d’amour et de soulagement.
Ils restèrent enlacés longtemps, essoufflés, son sexe encore en elle, mous et collés. Hugo l’embrassait doucement maintenant, les tempes, les paupières, la bouche.
— On ne se sépare plus, murmura-t-il. Plus jamais. Je veux te voir tous les jours. Je veux te baiser le matin et t’écouter parler de tes photos le soir. On trouve un moyen.
— Oui, répondit-elle contre sa peau. Oui. On arrange nos vies. Toi et moi. Enfin.
Le lendemain matin, le brouillard s’était levé. Main dans la main dans le terminal, Delphine sentait encore l’empreinte de ses dents sur sa hanche, la sensibilité délicieuse entre ses cuisses, le souvenir de son sperme qui avait coulé lentement le long de sa jambe sous la douche. Ils embarquaient sur le même vol pour quelques jours — hasard ou destin, peu importait. Mais déjà, pendant qu’ils montraient leurs cartes d’embarquement, Delphine souriait en silence, le cœur léger et le corps encore marqué.
Elle préparait déjà la suite. Dans deux semaines, elle serait à sa base pour trois jours entiers. Elle réserverait l’hôtel près de l’aéroport, la même chambre si possible. Elle porterait uniquement un manteau et rien dessous. Elle le ferait la baiser dans l’ascenseur cette fois, vite et sale, avant de le ramener au lit pour une nuit encore plus longue. Et elle savait qu’Hugo, lui aussi, comptait déjà les heures.
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