Premier Frisson entre Yvonne et Keiko
Yvonne, 21 ans, et Keiko, 24 ans, se découvrent et se font jouir pour la première fois dans l'atelier d'art.
L'atelier d'art contemporain de l'université empestait encore la térébenthine, le plâtre frais et cette odeur fade de chiffons qu'on n'essorait jamais. Yvonne, vingt et un ans, poussa la porte vitrée de l'épaule, un carton à dessin coincé contre sa hanche. Étudiante en arts plastiques, timide au point d'arriver toujours trop tôt pour éviter les regards, elle avait ce soir-là cinq minutes de retard et la gorge déjà serrée. Ses cheveux châtains, attachés à la va-vite, lui collaient à la nuque. Elle détestait les salles trop grandes. Elle détestait encore plus s'y sentir visible.
Keiko était déjà là. Vingt-quatre ans, arrivée du Japon trois semaines plus tôt pour un échange en sculpture, elle avait remonté les manches de son pull noir et pétrissait une motte d'argile comme si le monde pouvait attendre. Le carré noir de ses cheveux frôlait sa mâchoire. Elle leva les yeux. Son sourire n'avait rien de poli.
— Tu es Yvonne. On nous a collées ensemble.
— Oui. Le corps et l'empreinte.
Yvonne posa son carton. Leurs doigts se frôlèrent sur le même fusain. Un contact sec, brûlant. Elle retira sa main trop vite. La chaleur lui monta sous la peau, traîtresse. Depuis ses dix-huit ans elle chassait certaines images au réveil, des bouches, des hanches, des femmes entrevues dans les vestiaires de la fac, jamais touchées, jamais nommées. Rien de concret. Et voilà que le poignet de Keiko, taché d'argile, occupait toute sa vision. Elle voulait cette main sur elle. Elle ne savait pas comment on demande ça.
Keiko, elle, regardait la rougeur gagner les joues de l'étudiante. Elle avait eu des amants, des nuits bruyantes dans des chambres trop petites, jamais une femme. L'idée l'avait traversée sous la douche du dortoir, dans le regard d'une inconnue au musée. Elle l'avait rangée. Devant cette fille aux doigts qui tremblaient un peu, le rangement ne tenait plus. Elle aussi voulait. Elle aussi n'avait jamais osé.
— On commence par les empreintes, dit Keiko. Tu poses ta paume. Je coule.
Elle guida la main de Yvonne, paume à plat, doigts écartés. Le contact dura. Son pouce glissa le long de l'index, lentement, comme pour aligner la pose. Ce n'était pas nécessaire. Les deux le savaient. Leurs regards se croisèrent et ne se lâchèrent pas. Autour, quelqu'un riait. Le bruit semblait venir d'une autre pièce.
— Tu as les mains chaudes.
— Toi aussi.
Yvonne aurait voulu ravaler la phrase. Trop vraie. Keiko ne sourit pas. Elle pressa un peu plus fort, juste assez pour que Yvonne sente la pulpe de ses doigts, la rugosité sèche sous un ongle.
Le cours s'étira. Elles dessinèrent des silhouettes, parlèrent peu, se frôlèrent souvent. Une épaule contre une épaule au-dessus du même carnet. Le genou de Keiko qui cogna celui de Yvonne sous la table et ne se retira pas. Chaque contact laissait une trace. Yvonne pensait : je veux sa bouche, je ne sais pas faire, je veux quand même. Keiko pensait : si je pose la main sur sa nuque, elle fuit ou elle fond. Je veux voir laquelle.
À dix-huit heures les autres rangèrent. Les néons grésillèrent. Le professeur passa la tête, rappela la date du rendu, disparut. La porte claqua. Le silence de l'atelier désert tomba d'un coup, épais.
Elles auraient dû partir. Aucune ne bougea. Keiko essuya ses mains sur un chiffon. Yvonne rangeait des fusains déjà rangés.
— Tu restes ? demanda Keiko.
— Si tu restes.
Elles retravaillèrent l'empreinte sans vraiment la voir. La conversation, d'abord technique, glissa. Keiko parla d'un amant à Tokyo qui ne l'avait jamais vraiment regardée. Yvonne parla d'un garçon de la fac, deux fois, maladroit, vite oublié. Puis le silence revint, plus lourd.
— Et les filles ? dit Keiko, tout bas.
Yvonne rougit jusqu'aux oreilles. Le fusain cassa entre ses doigts.
— Jamais. Je n'ai jamais touché une femme. J'y pense. Depuis que j'ai dix-huit ans, j'y pense, et je n'ai jamais osé. Là, avec toi, j'y pense si fort que j'arrive plus à dessiner.
Keiko posa le chiffon. Sa voix resta ferme, mais plus basse.
— Moi non plus. Vingt-quatre ans, des hommes, et pas une seule fille. J'ai fait semblant que ça ne comptait pas. Ce soir je n'y arrive plus. Je te regarde et j'ai envie de ta bouche. Dis-moi si je me trompe.
— Tu ne te trompes pas.
Leurs souffles se rapprochèrent au-dessus de la table. Keiko leva la main, s'arrêta à un centimètre de la joue de Yvonne.
— Je peux ?
— Oui.
Les doigts de Keiko effleurèrent la pommette, descendirent le long de la mâchoire, s'attardèrent sous l'oreille. Un compliment murmura contre la peau.
— Tu es belle quand tu rougis. Ton cou aussi.
Elle y posa la paume, chaude, ouverte. Yvonne frissonna. Sa propre main trouva l'avant-bras de Keiko, remonta, hésita au creux du coude, continua. La peau était lisse, un peu poudrée d'argile. Elle osa le cou, le creux juste sous l'oreille. Keiko inspira fort.
— Encore.
Yvonne caressa, maladroite, attentive. Leurs fronts se touchèrent. L'odeur de Keiko — savon, argile, quelque chose de plus chaud — lui monta à la tête.
— Je veux t'embrasser, dit Yvonne. Je ne l'ai jamais fait avec une fille. Je veux quand même. Tu es d'accord ?
— Oui. Embrasse-moi.
Le baiser partit trop vite, nez contre nez, puis se corrigea. Bouches ouvertes, langues qui se cherchèrent, se trouvèrent. Yvonne gémit dans la bouche de Keiko, surprise par sa propre faim. Keiko la tira plus près, une main dans ses cheveux, l'autre à sa taille. Le baiser devint profond, mouillé, impatient. Elles se dévorèrent debout entre la table et les tabourets, consentantes, tremblantes, déjà à bout.
— Déshabille-moi, souffla Keiko contre ses lèvres. Je te veux nue. Toi aussi, tout de suite. Dis-moi oui.
— Oui. Tout. Je veux tout.
Les pulls partirent en vrac. Le soutien-gorge de Yvonne céda sous des doigts pressés. Keiko découvrit ses seins, petits, dressés, les tétons déjà durs, et les prit dans ses paumes avec un grognement.
— Putain, tes seins.
Yvonne tira sur le débardeur de Keiko, libéra une poitrine plus pleine, des aréoles sombres. Elle les embrassa sans technique, à pleine bouche, et Keiko renversa la tête. Les jeans suivirent, boutons arrachés, culottes baissées jusqu'aux chevilles, chaussures envoyées sous la table. Nues dans la lumière blanche des néons, elles se regardèrent une seconde, essoufflées, mouillées toutes les deux, et l'envie explosa plus fort.
Yvonne tomba à genoux sur le linoléum froid. Le sexe de Keiko était là, à hauteur de sa bouche, les lèvres gonflées, luisantes, le clitoris déjà sorti. Une odeur chaude, salée, inconnue, lui monta au nez et lui fit saliver.
— Je peux te goûter ?
— Oui. Lèche-moi. C'est ma première fois aussi. Fais-le.
Yvonne écarta les cuisses de Keiko, posa les mains sur ses hanches, et donna un premier coup de langue, large, hésitant, du bas de la fente jusqu'au clito. Le goût la frappa — musqué, un peu sucré, absolument femme. Elle gémit contre la chair et recommença, plus avide. Elle lécha, suça les petites lèvres, enfonça le bout de la langue dans l'ouverture trempée, remonta, trouva le clitoris et le cerna de la pointe. Keiko cria, une main plaquée sur la table, l'autre dans les cheveux de Yvonne.
— Comme ça. Plus fort. Bouffe-moi la chatte, Yvonne, n'arrête pas.
Yvonne obéit. Elle lapait, aspirait, frottait du nez dans les poils courts, avalait la cyprine qui coulait sur son menton. C'était sa première chatte, et elle la dévorait comme si on allait la lui retirer. Keiko ondulait contre sa bouche, les cuisses tremblantes, les seins ballottés à chaque coup de langue.
— Stop, haleta Keiko. Je vais jouir trop vite. À moi.
Elle la releva, la retourna, la renversa sur la table couverte de croquis. Le papier crissa sous le dos de Yvonne. Keiko lui écarta les genoux, regarda sa chatte ouverte, rose, brillante.
— Tu es trempée. Je vais te doigter. Tu le veux ?
— Oui. Fort. S'il te plaît.
Deux doigts glissèrent d'un coup, jusqu'à la garde. Yvonne se cambra, la bouche ouverte sur un cri. Keiko les recourba, trouva un point qui la fit jurer, et pompa, profond, rapide, le pouce écrasé sur le clitoris. En même temps elle se pencha et prit un sein dans sa bouche, suça le téton, le mordilla, passa à l'autre, tira dessus avec les lèvres pendant que ses doigts la baisaient sans répit. Le bruit était obscène, mouillé, régulier. Yvonne agrippa le bord de la table, les yeux révulsés.
— Tes doigts... putain, tes doigts dans ma chatte...
— Regarde-moi pendant que je te baise avec la main.
Elle obéit. Keiko avait les lèvres brillantes de salive, les yeux noirs, les doigts enfoncés jusqu'aux phalanges. Yvonne sentit l'orgasme monter trop tôt et le repoussa en secouant la tête.
— Pas encore. Je veux ta chatte sur ma bouche en même temps. Le soixante-neuf. Je veux te lécher pendant que tu me bouffes.
— Viens.
Keiko grimpa sur la table, se retourna, écarta les cuisses au-dessus du visage de Yvonne et s'abaissa. Sa chatte se posa sur la bouche ouverte. Au même instant elle plongea entre les jambes de Yvonne et aspira le clitoris d'un coup, sans préliminaire. Yvonne hurla dans la chair et se mit à lécher comme une affamée, langue plate puis pointue, doigts plantés dans les fesses de Keiko pour la maintenir collée. Keiko la dévorait en retour, deux doigts réenfoncés dans sa chatte, langue fouettant le clito, nez écrasé contre la fente. Elles se mangeaient dans un va-et-vient frénétique, hanches qui roulaient, gémissements étouffés par le sexe de l'autre, cyprine partout, mentons trempés, table qui cognait le mur.
Yvonne sentit les cuisses de Keiko se crisper autour de sa tête. Elle suça plus fort, aspira le clitoris entre ses lèvres et le battit de la langue. Keiko fit la même chose, doigts crochetés, bouche vorace. Le plaisir monta des deux côtés, brutal, sans issue.
— Je jouis, cria Keiko contre sa chatte. Jouis avec moi, jouis dans ma bouche.
Yvonne explosa la première d'une seconde, un orgasme qui lui tordit le ventre, lui fit pousser un cri long, rauque, étouffé par la chatte qui pulsait sur sa langue. Keiko jouit en même temps, la fente qui se contractait, un flot chaud sur le menton de Yvonne, un gémissement animal qui vibra jusque dans le clitoris qu'elle tétait encore. Elles restèrent ainsi, à se lécher à travers les spasmes, jusqu'à ce que les cris deviennent des hoquets et que les cuisses lâchent.
Elles roulèrent sur le flanc, haletantes, le visage barbouillé, les seins collés de sueur. L'atelier sentait le sexe. Yvonne regarda Keiko, émerveillée, la bouche encore ouverte sur le goût de l'autre.
— C'était ma première fois, murmura-t-elle. Et je veux recommencer. Pas une fois. Une liaison. Toi et moi, encore, souvent. Tu es d'accord ?
Keiko l'embrassa, lentement, langue contre langue, goûtant leurs chattes mêlées.
— D'accord. On continue. Ce frisson-là, c'est le début. Je te veux encore demain, et après-demain, et dans ce putain d'atelier jusqu'à ce que la table en garde l'odeur.
Elles se rhabillèrent à moitié, juste assez pour ne pas geler, et restèrent assises l'une contre l'autre, les promesses déjà sales dans la bouche. Keiko glissa deux doigts encore luisants entre les lèvres de Yvonne, les lui fit sucer, puis se pencha à son oreille, la voix basse, sans douceur.
— Demain tu t'allonges sur cette table, tu m'écartes la chatte avec tes deux mains et tu me léches le clito jusqu'à ce que je te pisse mon jus sur la langue, salope.
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